moi: Pffff, je ne sais vraiment pas quoi leur faire à manger. Je tiens une de ces flemmes en ce moment, pas un poil d'inspiration. Je crois que je vais ouvrir une boite de sardines, comme toi.
Brigitte: C'est le changement de saison, sûrement. Tu n'as qu'à leur faire une salade de patates, ça en fera une de plus pour la collec de Cathy.
Moi: Ah oui, c'est une idée ça!
Salade de pommes de terre aux maquereaux, curry et amandes
Ingrédients:
800g de petites pommes de terre nouvelles type Noirmoutier 2 boites de filets de maquereau au curry la belle-iloise 200g de tomates cerises 1 dé de gingembre frais 1 filet de jus de citron sel, poivre ciboulette fraiche coriandre fraiche
Nettoyer les pommes de terre et les faire cuire environ 10 minutes dans de l'eau bouillante salée. Egoutter. Peler et émincer le dé de gingembre, le réduire en pâte avec un peu de sel dans un mortier. Couper les pommes de terre en tranches épaisses sans les peler. Les disposer dans un saladier avec les tomates coupées en deux. Réserver les filets de maquereau et verser la sauce au curry des boites sur la salade. Ajouter la pâte de gingembre, le filet de citron, un peu de sel et la ciboulette ciselée. Bien mélanger. Laisser refroidir, disposer sur la salade les filets de maquereau et les feuilles de coriandre et servir.
Pourquoi une île ? D’où vient ce besoin d’y retourner toujours, comme on rentre au port ?
Une île c’est l’horizon. La lumière dansante de la mer qui se reflète jusqu’au fond des vallons. Un refuge, une retraite, loin des soucis du monde. Peut-être.
Mais pas loin de ses plaisirs :
de la barbue scintillante,
de la pince du tourteau géant qui n’attendait que notre bon vouloir,
des langoustines frétillantes qui me criaient, sur le marché, de les prendre.
Elles n’ont pas besoin à mon sens d’apprêt, leur fraicheur se suffit à elle-même.
Et d’autres plaisirs encore : la balade sur les sentiers côtiers, le fracas de la vague en bas, l’air si pur qu’il semble te laver. La tartine de beurre salé au retour, riche, crémeux.
L’odeur vanillée des fleurs d’ajoncs sauvage sur la lande au printemps.
Tout cela, et plus encore. S’asseoir. Regarder. Se taire.
Les drôles d’idées de Marion : inventez moi un plat vert, qu’elle disait, comme si vous aviez du pandan, même si vous n’en avez pas.
Sauf que j’en avais, elle m’en avait donné, elle me l’avait fait respirer. Et ça sent l’Asie du Sud-Est, à plein nez. Ca sent même une de mes gourmandises préférées, ces petits gâteaux carrés emballés de cellophane, faits de farine de riz glutineux, de crème de soja et parfumés à la banane, ou aux feuilles de Bai Toey. Et le Bai Toey, c’est le pandan.
Alors je suis allée me promener dans la blogomiam de Singapour, qui a l’extrême avantage d’être écrite en anglais. Et j’en ai trouvé plein des gâteaux au pandan. C’est fou ce qu’ils aiment les gâteaux dans ce coin là du monde, mais pas les mêmes que nous. Ce qu’il apprécient surtout, il me semble, c’est la texture, la forme et la couleur. Ils ont des gelées et des gâteaux tout moelleux aux couleurs d’arc en ciel, des pains à la mie élastique colorés noir sésame, ou rose. Et des gâteaux de mariage en dentelle de sucre blanc, à l’anglaise.
Je me souvenais avec plaisir des gâteaux chinois à la vapeur servis dans les restaurants dim sum de Hong Kong, si moelleux, presque floconneux. Les Bolu Pandan, trouvés sur le blog de Yochana (une mine !) sont différents, un peu plus denses, mais la cuisson à la vapeur leur donne cette texture particulière, élastique, rebondissante. Le goût indéfinissable du pandan est bien là, la couleur aussi ! Je ne garantis pas que vous aimerez. En tout cas, ça fait voyager…
Bolu Pandan à la vapeur
Ingrédients
3 œufs 145g de sucre en poudre 1 pincée de sel 155g de farine T45 ½ cc (1/2 paquet) de levure chimique 125ml de lait de coco 1cc d’extrait de pandan*
Battre ensemble les œufs, le sel et le sucre jusqu’à une consistance épaisse et crémeuse. Incorporer alternativement la farine tamisée avec la levure, et le lait de coco. Ajouter l’extrait de pandan. Bien mélanger. Verser dans des moules huilés et cuire à la vapeur pendant 15 minutes à feu vif – prendre soin d’envelopper le couvercle du cuit-vapeur dans un linge propre pour éviter que les gouttes ne tombent sur les gâteaux. Démouler et faire refroidir sur une grille.
* on trouve le pandan sous forme d’extrait dans les épiceries asiatiques. On le trouve aussi en feuilles, dont on extrait le jus de pandan – voir la méthode chez Rosa qui a fait un article très détaillé sur le sujet.
Vous ne pouvez pas vraiment le remplacer par autre chose, son goût n’a pas d’équivalent chez nous. Mais vous pouvez essayer les mêmes gâteaux à la vapeur, avec de l’extrait de vanille et du colorant vert Shreck, juste pour le fun.
La terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas Ils ne vous donnent plus à chanter Au tour des baisers de s’entendre Les fous et les amours Elle sa bouche d’alliance Tous les secrets tous les sourires Et quels vêtements d’indulgence À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert L’aube se passe autour du cou Un collier de fenêtres Des ailes couvrent les feuilles Tu as toutes les joies solaires Tout le soleil sur la terre Sur les chemins de ta beauté.
Il parait que nous sommes au printemps. Mais en est-on bien sûr? Ce matin encore, une nappe de brouillard un rien givrante noyait ma campagne. Le thermomètre indiquait 4º, mais le givre sur le pare-brise attestait des gelées nocturnes.
Dans Paris, le décalage est évident. Les marronniers ont déjà déplié leurs feuilles vert tendre, alors que les nôtres sont encore tout nus. Les parisiens vivent dans un microclimat perpétuel. Ils ne s’en rendent même pas compte.
Mais chez moi il gèle. Juste retour de bâton, après avoir eu des envies de fraises et d’asperges en février, nous revoilà au petit salé aux lentilles en Avril.
JCP, notre collègue gourmand du 38ème parallèle, m’avait donné très envie il y a quelques semaines de m’attaquer au petit-salé maison. D’une simplicité enfantine : le morceau de viande est enfoui dans le gros sel, puis oublié au frigo pendant deux jours.
Les lentilles, quant à elles, sont un met de choix pour peu qu’on sache bien les préparer. Oubliées les lentilles de la cantine, surcuites et nageant dans un liquide brunâtre. Cuites à point dans un bouillon parfumé d’aromates, puis mêlées d’échalotes et d’une pointe d’ail, juste arrosées d’une louche ou deux du bouillon de cuisson de la viande, elles sont soyeuses et tendres. Quand je vous disais que ce bouquin m’avait appris à cuisiner les choses les plus simples…
Petit salé
1 morceau de porc frais (poitrine, jarret ou palette) 1 kg de gros sel de mer non raffiné 1 oignon piqué d’un clou de girofle 2 gousses d’ail 5 grains de poivre noir 1 carotte 1 bouquet garni composé de laurier, thym, romarin et sauge frais, enroulés dans du vert de poireau et ficelés.
Dans un plat creux, enfouir la viande dans le gros sel. Couvrir d’un film plastique et laisser reposer dans le bas du réfrigérateur pendant deux jours. Une fois prête, bien rincer la viande à l’eau courante. Dans une grande cocotte, préparer un court-bouillon avec l’oignon, l’ail, la carotte épluchée, le poivre et le bouquet garni. A ébullition, ajouter la viande et laisser bouillonner tranquillement pendant 2 heures.
Les lentilles
60g de lentilles vertes par personne 5 fois leur volume d’eau 1 oignon piqué d’un clou de girofle 1 gousse d’ail 5 grains de poivre noir 1 carotte 1 bouquet garni composé de laurier, thym, romarin et sauge frais, enroulés dans du vert de poireau et ficelés. 2 échalotes 2 fines tranches de lard fumé Ciboulette (ou persil)
Peser et laver les lentilles. Les mettre dans une casserole avec 5 fois leur volume d’eau, l’oignon, l’ail, la carotte, le poivre et le bouquet garni. A ébullition, saler (peu), baisser le feu et laisser cuire à feu moyen environ 25-30 minutes (selon votre goût et la qualité des lentilles). Oter les aromates. Egoutter les lentilles. Dans un faitout, faire mousser un peu de beurre salé et faire revenir 1 à 2 minutes les échalotes émincées et la poitrine coupée en fins lardons. Ajouter les lentilles, mélanger et arroser d’une ou deux louches du bouillon de cuisson de la viande. Rectifier éventuellement l’assaisonnement. Laisser chauffer à feu doux 5 minutes. Ajouter une pointe d’ail émincée et la ciboulette ciselée. Enjoy !
Les lentilles préparées de cette façon sont également excellentes (avec ou sans lard) en accompagnement d’un filet de poisson – on peut aussi faire maigre en se faisant plaisir. Robuchon, lui, les cuisine avec du foie gras frais poêlé…
Des livres de cuisine, j’en ai un certain nombre, des gros, des petits, en français, anglais ou italien, certains plus indispensables que d’autres. J’aime les livres. Mais si je devais en choisir un parmi tous, un livre chouchou, comme nous le demande Anne, c’est celui là qui l’emporterait : Le meilleur et le plus simple de Robuchon, par Patricia Wells.
C’est ce livre qui m’a donné les bases du peu que je connaisse en cuisine. Il contient bien sûr quelques recettes un peu complexes, ou qui comprennent des ingrédients que je n’ai jamais eu le loisir de cuisiner. Le caviar ou la truffe ne font pas partie de mes menus habituels. Mais il m’a appris aussi à faire correctement un potage poireau-pommes de terre ou une purée, à prêter attention à la juste cuisson des légumes, celle qui va révéler au mieux leur saveur, et à les marier entre eux.
Si on veut un jour parler correctement une langue, il faut commencer par les bases, la grammaire. De la même façon en cuisine – en toute chose – et ce livre est truffé de petits conseils techniques qui permettent de progresser.
Patricia Wells a eu le grand talent de faire ressortir le côté humain et chaleureux de cette cuisine très classique, mais qui sublime au mieux le goût de chaque ingrédient.
Un des premiers plats que j’avais essayé dans ce livre, il y a plus de 15 ans, outre une mousse au chocolat amer, une tarte au chocolat absolument excellente, et un velouté de potiron parfait, était ce carré de porc aux oignons, tomates, carottes et sauge. Ce qui me semblait fastidieux à l’époque, faire caraméliser les légumes un à un avant de les assembler, me parait si simple et évident aujourd’hui. C’est un plat de ménage, du dimanche, généreux et simple. Il demande tout juste un peu de patience, mais le résultat, la viande parfumée, les petits légumes tout confits dans le jus, la justifient amplement. Je vous en donne ma version.
Carré de porc aux oignons, tomates, carottes et sauge (pour 5 personnes)
1 carré de porc de 5 côtes (environ 1kg2) 4 gros oignons 5 belles carottes 8 tomates olivettes 4 gousses d’ail 1 petit bouquet de sauge Thym et romarin frais Sel, poivre, piment d’espelette Beurre doux Huile d’olive
Eplucher les oignons. Les couper en grosses tranches de 1cm d’épaisseur. Les faire revenir doucement sur un côté dans un peu de beurre et d’huile. Au bout d’environ 5 minutes, quand ils sont dorés, les retourner délicatement en les gardant entiers. Faire dorer l’autre face, saler et poivrer en fin de cuisson. Réserver. Eplucher et épépiner les tomates. Les couper en deux. Les faire revenir dans un fond d’huile d’olive en secouant la poêle de temps en temps, pendant environ 10 minutes, jusqu’â ce qu’elles soient dorées. Saler et poivrer. Egoutter et réserver.
Eplucher les carottes. Les couper en rondelles de 1 cm. Les faire revenir dans un peu de beurre et d’huile pendant 10-15 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient dorées et tendres. Ajouter l’ail et faire revenir encore 2 minutes. Saler et poivre. Egoutter et réserver.
Préchauffer le four à 200ºC.
Saler, poivrer et espeletter largement le carré de porc (dans la recette originale, il est désossé, mais je préfère le garder entier, les os donnent du goût à la sauce). Introduire des feuilles de sauge dans les fentes entre les côtes. Parsemer de thym. Dans un plat à four, alterner des rangées d’oignons, de tomates et de carottes. Parsemer de thym, de romarin et de sauge ciselée. Disposer la viande sur les légumes et enfourner pour une heure. Au bout d’une heure, verser ½ tasse d’eau au fond du plat, couvrir d’un papier aluminium, et continuer la cuisson pendant 15 minutes. Eteindre le four et laisser le plat reposer pendant encore 15 minutes, porte du four ouverte, afin de laisser la viande se détendre.
- Maman, tu pourrais acheter des p’tits canards ? - Des petits canards ? Du magret tu veux dire ? - Mais non, tu sais là, des p’tits canards, comme t’avais fait l’autre fois… - Ah, des cailles !
Cailles à la broche emmaillotées de pancetta
4 cailles 4 très fines tranches de pancetta (ou lard fumé) Thym, romarin frais 4 gousses d’ail Sel, poivre Huile d’olive
Saler, poivrer l’intérieur des cailles. Mettre dans chaque oiseau une gousse d’ail en chemise, un brin de thym et un brin de romarin. Les enduire d’huile d’olive. Les emmailloter d’une fine tranche de lard fumé en la fixant à l’aide d’une pique en bois. Embrocher les cailles et faire rôtir à 180° C en démarrant la cuisson à froid. Après environ 20-25 minutes, monter la température à 200° C et continuer la cuisson en les arrosant souvent, jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées (environ 40 minutes en tout). Manger avec les doigts - et des haricots verts, des pois gourmands, ou des petits pois.
Ce que j’aime les tajines ! Pas seulement le contenu, mais le contenant aussi. La terre cuite, brute, lourde. Je ne sais pas à quoi tient l’alchimie du plat, à la base épaisse qui diffuse si doucement la chaleur, ou bien au lourd couvercle conique qui rabat la vapeur odorante et cuit les légumes sur le dessus? Certainement un peu aux deux. Toujours est-il que cette cuisson là donne des viandes et des légumes confits incomparables. Sans parler des odeurs d’épices qui vous pousseraient presque à soulever le couvercle trop souvent. J’ai apprivoisé la technique maintenant, je dose mes épices à l’œil, à l’odeur, à la consistance. Estèbe m’avait fait envie l’autre jour avec son tajine d'agneau printanier, je l’ai interprété à ma façon. Merci pour l’idée des graines de coriandre entières, qui craquent sous la dent à l’improviste.
Et puis, quand vous avez votre gamin de 9 ans qui pique tous les navets dans la sauce, vous savez que vous avez gagné, malgré l’absence cruelle de frites sur la table ce dimanche là.
Tajine de poulet aux légumes de printemps (pour 4-5 personnes)
Ingrédients
1 poulet 2 oignons 1 gousse d’ail 3 carottes 3 pommes de terre 1 botte de navets nouveaux 1 fenouil 1 cc de curcuma ½ cc de muscade moulue 2 cs de has el hanout 1 cs de cumin moulu 20 graines de coriandre Sel, poivre Quelques brins de coriandre fraiche
Détailler le poulet en morceau. Peler et laver les légumes, les couper en morceaux. Oter le cœur du fenouil, détacher les feuilles. Peler et émincer les oignons et l’ail. Dans un plat à tajine posé sur un diffuseur, à feu vif, faire revenir les oignons dans un fond d’huile d’olive. Quand ils commencent à dorer, ajouter les épices, puis l’ail, baisser le feu et laisser compoter quelques minutes. Dans le même temps, faire revenir dans une sauteuse les morceaux de poulet sur toutes leurs faces. Saler, poivrer.
Poser les morceaux de poulet dans le tajine sur les oignons. Vider la graisse de cuisson de la sauteuse, déglacer les sucs avec 2 verres d’eau, verser dans le plat à tajine. Disposer les carottes, les pommes de terre et les navets sur le poulet. Terminer avec les feuilles de fenouil. Saler. Mouiller d’eau à hauteur du bord du plat. Poser le couvercle. A ébullition, baisser le feu et laisser mijoter ¾ d’heure, en vérifiant de temps en temps le niveau de liquide. Rajouter un peu d’eau si besoin. En cours de cuisson, enfoncer doucement les légumes cuits dans la sauce pour qu’ils s’en imprègnent et confisent comme il faut. Parsemer de coriandre fraiche et servir bien chaud, avec du pain pour éponger la sauce, ou un peu de semoule (je sais, les marocains ne le font pas, mais c’est un tajine du Vexin celui-là).